Il y a une surmédiatisation des polémiques autour des OGM, et certaines figures politiques ont fait du combat contre le progrès scientifique et les manipulations génétiques leur fonds de commerce et leur raison d'agir. On oublie parfois de rappeler à quoi servent les OGM. Et de ramener le débat sur ces substances à un arbitrage risques/bénéfices pour l'espèce humaine.
Notre site n'est ni financé ni aidé par des géants de la biotechnologie, mais si le principe de précaution exige que nos décisions soient fondées sur la recherche de la menace la plus faible pour notre espèce ou pour l'écosystème, lutter en faveur des OGM peut se justifier à partir des arguments suivants :
- Rendement : une plante génétiquement modifiée offre, à conditions égales, un meilleur rendement qu'une plante non OGM. Pour les pays qui souffrent de famines endémiques, ou de carences alimentaires, l'OGM apporte des bénéfices importants aux habitants des pays concernés.
- Traitements : De manière sélective, une modification des gènes d'une plante la protège contre certaines maladies, certains insectes, permettant ainsi de diviser par un facteur 5 les quantités de pesticides et d'antibiotiques déversées en masse dans l'écosysteme aujourd'hui. L'espèce humaine est menacée aujourd'hui par la resistance des maladies aux antibiotiques à cause des traitements agricoles, les abeilles sont menacées de disparition à cause sans doute des pesticides. Le développement des OGM limiterait ces deux facteurs de risques connus.
- Irrigation et engrais : De manière sélective, une modification de certains gènes limite le besoin en eau, ou en certains nutriments (phospates, nitrates, etc.) diminunant les besoins en irrigation ou en engrais. Si la Bretagne avait adopté massivement les cultures OGM il y a 20 ans au lieu de traitement au lisier, il resterait de l'eau potable en Bretagne. Moins d'engrais c'est moins de dégagement de méthane, donc moins de gaz a effet de serre.
- Forte valeur ajoutée industrielle : la France est un des leaders dans les biotechnologies compte tenu de son excellence dans le secteur agro-alimentaire. De nombreux pays souhaitent héberger les entreprises en pointe dans les sciences du vivant. Interdire la recherche dans ces filières, et restreindre le marché des OGM constitue hélas une prime à la délocalisation d'emplois à forte valeur ajoutée.
- On peut encore contrôler la machine infernale : que vaut-il mieux ? Que des labos de recherche français et des industriels européens, accompagnés par des labos publics, jouent un rôle de défricheurs et s'approprient les brevets et les principales technologies, quitte à en contrôler la diffusion et l'utilisation, ou que ces filières soient abandonnées à des groupes basés dans des pays plus accomodants au plan éthique et réglementaire, sans le moindre contrôle des autorités sanitaires européennes.
- Les enjeux business sur le génie génétique sont incroyables : en restant pragmatique, les enjeux de la recherche génétique sur la santé, le rajeunissement des cellules, le traitement de certaines pathologies font que les précautions n'arrêteront pas le mouvement en avant. Faut-il faire partie du mouvement ou rester en dehors et laisser passer les trains ?
Bref, le sujet est complexe mais les OGM constituent une réponse crédible à de nombreux excès commis par l'homme dans l'écosystème. Et la première vertu des OGM pour les gaz a effet de serre, c'est de réduire les besoins en engrais donc les dégagements de méthane, qui est 33 fois plus polluant que le gaz carbonique.
Toute proportion gardée, il existe d'autres menaces immédiates pour l'espèce humaine en matière alimentaire, telles que l'importation de chine d'aliments pour bétail largement contaminés par des produits toxiques, ou le franchissement de la barrière des espèces de certains maladies d'origine animale.
Pour conclure, le principe de précaution et le bannissement des biotechnologies végétales diminue la maitrise par les autorités sanitaires des effets secondaires de ces technologies, qui verront le jour de toute façon. Et refuse à notre pays les conséquences de ces OGM (moins d'engrais, moins de pesticides, moins d'antibiotiques.
Nos recommandations :
Lever les moratoires et les restrictions aux tests sur les OGM. Et privilégier pour la mise en culture les traitements OGM qui diminuent les pollutions de toute sorte, et atténuent les besoins en irrigation et en engrais.